Je ne suis pas arrivée en maroquinerie par hasard. Quelque chose, sans doute, m’y ramenait.
Mes grands-parents étaient maroquiniers.
Ils fabriquaient des sacs rigides, notamment en crocodile.
Un travail exigeant.
Précis.
Élégant.
Mon père a travaillé à leurs côtés pendant près de dix ans.
Et pourtant, cette histoire est restée longtemps silencieuse.
Un jour, en lui montrant une housse en cuir que je venais de créer pour transporter la batterie de mon vélo électrique, il m’a simplement dit :
« Tu aurais pu être une bonne apprentie dans l’atelier de mes parents. »
À cet instant, quelque chose s’est aligné.
Pendant plus de trente ans, j’ai évolué dans des univers exigeants.
Conseil, hôpital, institutions publiques.
Qualité. Organisation. Gestion des risques.
Un travail de structure.
De responsabilité.
De précision.
Mais je n’ai jamais cessé de créer.
Couture.
Sculpture.
Rénovation de sièges.
Travailler la matière m’apaise.
Transformer,
Réparer,
Redonner vie…
C’est un équilibre.
Peu à peu, une évidence s’est imposée.
Structurer ne suffisait plus.
Il fallait fabriquer.